La Méditerranée à Vélo

En route pour 800 km à vélo, nous allons relier les Pyrénées aux Alpes via la côte méditerranéenne.. mais pas que !

>> Point de départ : Sorède, Pyrénées-Orientales
>> Destination : Menton, Alpes-Maritimes
>> Durée : 16 jours 
>> Km parcourus : environ 800 km 

Une équipe qui tient la route,

Avec nos fidèles destriers sur le port de Antibes

Anaïs dite « Nana » a été mon acolyte d’aventure, on ne peut pas vraiment dire que ce voyage à fait l’objet d’une grande organisation puisqu’il a été « emballé, pesé » autour d’une seule bière, avant de refaire le monde, ce qui demande en soi bien plus de temps. Cette entrevue donnait le ton du voyage : IMPRO !

Anaïs je disais donc, mon binôme pour ce tout premier voyage à vélo, le premier pour moi, mais pas pour elle. Elle qui a parcouru une partie de la planète à pied et à vélo (ce qui me donnait je l’avoue confiance en notre duo).

C’est toujours un pari de partir à deux, on se jauge et on voit vite qu’une considération nous rassemble :  » Puisque rien ne se passe jamais comme prévu, laissons nous surprendre« . Et la magie opère.

Nous avions trois choses à prévoir, des vélos et sacoches en état, un topo-carto de La méditerranée à vélo et un équipement de bivouac (duvet, tente, réchaud, popotte et chocolat noir).

méditerranée à vélo
Entre Canal et Etang sur l’île Sainte-Lucie (Aude)

Le grand départ,

Il fait moche, mais on a le soleil au cœur, aujourd’hui on prend la tangente, on se retrouve à Sorède chez Nana, pour une aventure de 15 à 20 jours, le long de l’EV8 : l’Euro Vélo 8 qui d’un bout à l’autre relie Cadiz (Espagne) à Athènes (Grèce) avec pour fil conducteur la méditerranée.. Rien que ça.

méditerranée à vélo

Pour notre part on se contentera de la portion française : de la frontière espagnole à la frontière italienne.

Après un « check matos » complet, on quitte notre zone de confort sous un léger crachin, destination la route et ses surprises ! L’excitation est à son comble alors que ce premier jour nous dormirons à peine à la frontière Audoise, voyager ça se passe beaucoup dans la tête.

Destination la route et ses surprises !

méditerranée à vélo
Premier lever de soleil sur la mer, la journée peut commencer.

Le premier « bug » arrive rapidement, l’arceau de la tente ne correspond pas, heureusement la nuit sera étoilée, sous cette tente toute molle qui menace de s’écrouler. Nous trouverons une solution le lendemain, aidées par un commando de copains (BIG UP), finalement c’est pas plus mal qu’on soit encore par là. Cette fois ci, notre nouvelle maison sanglée sur le porte-bagage, rien ne nous arrêtera (pas même nos muscles qui au réveil nous annoncent qu’il faut se détendre sur la pédale) !

Entrainement, vous avez dit entrainement ?

Pas l’ombre d’un entrainement ou préparation physique quelle qu’elle soit.. oui on peut parler d’insouciance, pour ne pas tomber dans la tragique « inconscience », je préfère dire qu’on a fait « CONFIANCE » à la mémoire de nos muscles !

Confidence.. Pour ma part je n’avais même pas de vélo digne de ce nom avant de m’engager dans cette épopée, pour dire si mes cuisses avaient l’habitude.

Arrière pays Varois entre pins maritimes et chênes.

Alors est venu le temps des aveux.. on a beau être assez sportives et en forme, faire du vélo 7 heure par jour, avec une charge, ça fait mal.. les 4 premiers jours. Quand les crampes musculaires te font penser à une tendinite, ou une poussée de croissance, qu’elles te réveillent la nuit, que l’anti-inflammatoire devient l’issue pour trouver le sommeil… tu te dis que quelques sorties préalables auraient été souhaitables.

On est pas venues là pour être ici.

enfin si, mais surtout pour avancer, alors avançons !

Une fois le corps adapté à l’activité, « tout roule », on aurait même du mal à s’arrêter de pédaler !

méditerranée à vélo
Col d’Eze, 500 m au dessus du niveau de la mer !

Les deux premiers jours face à la Tramontane (charmante brise catalane qui avoisinait les 80 km/h) nous ont cassé les jambes, une bonne préparation pour les premiers cols ! Cependant avec une charge de 30 à 40 kg, les premières longues côtes du Lubéron nous ont vu descendre de nos montures.. (2ème aveux) jusqu’à la consécration de notre maitrise de l’effort, l’avant dernier jour au Col d’Eze ou nous avons grimpé sur 10 km (pente moyenne de 5,2%) un dénivelé de 500 m sur le vélo, avec une fierté non dissimulée quand des cyclistes de route aérodynamiques nous doublaient dans ce col du Tour de France !

Il faut dire que nous avons eu la chance de croiser au pied de ce col, à Villefranche-sur-Mer, un ravitaillement de choix sur le petit marché.. un adorable niçois préparait des Soccas au feu de bois.. galettes de pois chiche à l’huile d’olive !

Voilà, je viens de vous divulguer notre plus grand secret pour arriver au bout d’un voyage aussi fou et physique… Manger à TOUS les râteliers !

Ne perdre aucune occasion de relancer la machine.. ce n’est pas de la gourmandise contre toutes les apparences, mais bien une hygiène de vie de sportives.

Voyager chez soi,

Lavande méditerranée à vélo
Champs de lavande taillées dans le Vaucluse.

C’est bête, mais j’ai eu besoin de faire ce trip à vélo pour réaliser que « voyager » ne tiens pas qu’à un dépaysement (culturel, paysager ou linguistique), il semblerait que « voyager » soit d’avantage un état d’âme, une posture que l’on adopte, un regard que l’on décide d’avoir.

Et dans le cas présent, je me suis sentie « en voyage » à une paire d’heure de voiture de chez moi. Parce qu’on avait choisi l’itinérance, le bivouac, l’autonomie et que ces choix mènent à des situations semblables, ici en France, comme partout dans le monde.

Face à l’adversité,

Quand on perd notre route, que la faim ou le froid vient titiller notre organisme, quand la pluie détrempe tout, que la nuit tombe drôlement tôt (c’est ça de voyager en novembre)… et bien on est heureuses de trouver un petit abri, un conseil d’ancien, un coup de pouce quel qu’il soit ou encore une boulangerie.

On en vient assez rapidement à se réjouir d’avoir monté la tente avant l’averse… alors que dans la vie de tous les jours la perspective d’une soirée humide sous la tente à manger du quinoa en sachet n’est pas franchement réjouissante.

Bivouac méditerranée à vélo
Dernière nuit sur le sable, c’est parti pour 1 semaine dans l’arrière pays : Camargue, Provence, Luberon, Var, Alpes de haute Provence. On salut la méditerranée que nous retrouverons à Cannes !
Baignade en méditerranée
Baignade sur la Côte d’Azur

Le confort réduit au basique offre l’incroyable jouissance des plaisirs les plus communs : se réchauffer au soleil, se doucher, cuisiner ce que l’on aime et manger chaud, dormir sur ces deux oreilles dans une maison et pas dehors… Je m’étonnerai toujours d’avoir besoin d’en manquer pour mesurer que tout ça est bien du confort.

Alors vous l’aurez compris, ce voyage méditerranéen n’a pas été qu’un doux pédalage entre copines, on a eu froid la nuit, parfois peur (surtout moi qui ne manque pas d’imagination la nuit tombée), la pluie nous a rejoint, très peu mais assez pour être mouillées une paire de fois, et puis toute la logistique imposée par cette vie de nomade sur roue demandait beaucoup de temps et d’énergie !

Et c’est précisément en ça qu’il est unique, notre voyage.

Big up,

Sur la route, de la famille et des amis, nous ont accueilli pour une nuit, parfois deux quand une explosion de pneu surgit un dimanche … pour une dose de réconfort, de convivialité et de partage ! Un grand merci à tous ceux qui nous ont ouvert la porte ! Maintenant vous savez que nous avons pris chez vous des douches parmi les plus bienfaitrices de nos vies.

méditerranée à vélo
Sur la croisette à Cannes

Il y a aussi eu des rencontres, le soir au comptoir du coin ou nous nous réchauffions avant de rejoindre notre tente gelée. Dans la rue, sur la plage, au marché, dans une superette, sur un parking…des rencontres d’une minute ou d’une soirée, juste pour rire ou pour échanger des idées.. des mots.

méditerranée à vélo
Le Massif de l’Esterel à la fin du jour.

Et puis des encouragement, des conseils, des « Bravo les filles, bonne route » anonymes. Qui nous laissent croire une seconde que l’exploit sportif est derrière tout ça. Où bien était-ce de l’attendrissement qui saluait notre grain de folie ?

Il faut croire que voyager à deux roues inspire la sympathie, on s’est demandé souvent si les gens ne voyageaient pas un peu avec nous le temps de notre passage ? Ils ne savent pas d’où l’on vient, ni ou l’on va, mais ils savent imaginer la belle aventure que ce doit être !

En voilà une « fonction sociale » qui me plait : être un brin de folie qui traverse la foule, parfois à contre-courant, pour détourner quelques regards du droit chemin et ouvrir des bulles de rêve.

Photo de l’arrivée à Menton. Merci pour cette aventure !

PS : Faire tout ce qui me fait vibrer quand j’en ai l’opportunité. Ne pas trop réfléchir. Qui sait de quoi demain sera fait ?

Juste pour rire,

Lucie

Piquée au cœur par le Voyage et la Liberté grandeur Nature, je vous partage ici mes plus belles escapades et rencontres, ces instants suspendus qui forgent ma vision du voyage. Vous retrouverez aussi quelques poèmes et chansons, il arrive qu'un ruisseau bien caché ou une montagne inaccessible me souffle l'inspiration.

3 réflexions sur « La Méditerranée à Vélo »

  1. Lucie, non seulement tu as l’art de savoir raconter tes aventures mais aussi ce petit grain de folie qui t’as amené un peu partout au fil de tes voyages. Garde cet état d’esprit le plus longtemps possible ma Lucie ! Un peu inquiets pour toi à chaque départ on te suivait dans tes diverses étapes ! Reste toi même mais prends soin de toi. Bisous 😚

    1. Je suis touchée 🙂 Merci pour ces jolis mots, et pour votre présence depuis toutes ces années ! Je continuerai de rêver et de vous partager ces rêves !
      Des gros bisous !

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